Histoire

Les signes pour bébé et tout petit

1800 : William Dwight Whitney, linguiste, fait une observation curieuse : les enfants de parents sourds communiquent régulièrement par la langue des signes à 6 mois – un an avant les enfants dans les familles entendantes. Ces enfants des familles sourdes apprennent à parler à l’âge normal. Les signes ne permettent pas seulement de communiquer à un âge plus jeune, mais aussi de leur apprendre à parler.

Années 1980 : le Dr Joseph Garcia, interprète, a remarqué que les enfants de ses amis sourds communiquaient avec leurs parents à six mois en utilisant la langue des signes et avaient du vocabulaire important à neuf mois. Il commence à enseigner les bébés signes aux familles.

Années 1990 : les recherches des professeurs Acredolo & Goodwyn montrent que les signes pour bébés fonctionnent. Grâce à une série d’études, ils ont montré des avantages, y compris : Moins de frustration, un lien plus étroit avec ses parents et un vocabulaire verbale plus large.

Au cours des années 2000, l’acceptation et l’utilisation des signes avec bébé ont continué de croître.

L’origine de la langue des signes

Des signes gestuels ont toujours été utilisés pour communiquer, par des personnes Sourdes ou entendantes dans diverses situations. En 1771, Charles-Michel de L’Épée, appelé « l’Abbé de L’Épée », crée la première institution éducative gratuite pour les sourds de France à Paris. Ce dernier n’a pas créé la langue des signes. Il s’est inspiré des gestes élaborés et utilisés par les Sourds, qu’il a améliorés, pour inventer la langue des signes.

Mais en 1880, le congrès de Milan interdit l’usage de la langue des signes.
En plus de la prohibition de la langue des signes, le congrès prévoit la publication d’œuvre sur l’instruction de l’oralisme, la séparation des Sourds oralisants et des Sourds signants.

La langue des signes est bannie de l’enseignement des jeunes Sourds et l’usage de l’écrit n’est plus considéré comme une priorité.
Cela entraine la prise en charge d’une minorité d’élèves : ceux capables d’oraliser c’est à dire possédant des restes auditifs ou ayant déjà entendu.

En raison d’une mauvaise connaissance des degrés de surdité, les Sourds plus profonds, considérés comme moins intelligents, sont envoyés dans des hospices ou établissements spécialisés où aucune méthode d’enseignement n’est conseillée.

Pourtant, une enquête de 1907 démontre que si ces élèves sont capables d’échanger verbalement avec leur famille, ils sont difficilement compréhensibles des personnes extérieures à l’environnement familial et préfèrent utiliser la langue des signes entre eux.

Dans les années 1980, la langue des signes réapparait en partie grâce aux parents qui se mobilisent pour que l’on accepte enfin leur enfant et qu’on ne cherche pas à en faire des entendant. La richesse de la langue des signes est mise en avant et des cours sont même dispensés à des entendant.

La méthode orale pure est maintenue jusqu’en 1991, date à laquelle les parents peuvent ensuite choisir la méthode qu’ils souhaitent pour leur enfant.
Le système éducatif a cependant peine à se moderniser et à offrir aux Sourds une éducation adaptée.

La Langue des Signes Française est reconnue comme Langue à part entière depuis 2005.

Depuis 2008, les élèves peuvent passer l’option Langue des Signes Française au baccalauréat.

En Normandie

A Caen en 1816, la gestion d’une école des «sourds et muets» est confié aux sœurs de la Congrégation du Bon Sauveur de Caen, conçu comme un lieu d’enfermement des marginaux et des inadaptés sociaux.

L’abbé de Jamet qui a crée cette école pour enfants Sourds, dispense lui-même l’enseignement. Il commence par utiliser la méthode de l’abbé de l’Epée mais très vite, y voit des limites et crée sa propre méthode de langue des signes.

Il faut attendre 1984 pour que le Centre de Rééducation de l’Ouïe et de la Parole, toujours installé dans les locaux de l’hôpital du Bon Sauveur de Caen, déménage dans des bâtiments neufs à Bretteville sur Odon.
Depuis 2005, le CROP accueille également des enfants présentant des troubles sévères du langage (dyslexie, dysphasie…) âgés de 0 à 20 ans.
A Caen, les élèves Sourds signants sont scolarisés en ULIS au collège Jean Moulin et au lycée Rostand, qui proposent des options LSF au brevet des collèges et au Bac.

 

Bibliographie :
Mémoire Lauriane Renou
Les miroirs du silence: L’éducation des jeunes sourds dans l’Ouest, 1800-1934
Wikipédia : le bon sauveur

 

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